SA CARRIERE

 

J'ai démarré au théâtre du Châtelet. Ensuite , j'ai chanté dans les chœurs , j'ai aussi fait de la télévision dans plusieurs films.C'est d'ailleurs moi qui ai été choisi comme mannequin pour lancer le paquebot "France" et pour inaugurer la Caravelle.

Un jour, mon impresario m'a proposé un projet de série télévisée pour apprendre le français aux Anglais. A cette occasion on avait plusieurs artistes. J'ai pu décroché le rôle principal, et le tournage s'est déroulé en Angleterre.

Tournage de "La legende du roi"

avec Nicolas Sileberg de la comedie francaise

Cela m'a beaucoup plu, j'étais considérée comme une star, je n'en revenais pas moi-même. Voilà! Et ça a duré pendant trois ans. J'ai toujours aimé la musique, j'ai appris le solfège à six ans. J'ai pris aussi des leçons de violon, puis j'ai appris à chanter.

 

RENCONTRE AVEC L'AFRIQUE

Plage de LOME

 

Un jour ça m'a pris de partir en vacances en Afrique. C'est ainsi que j'ai démarqué par hasard à Lomé au Togo où une fois descendu de l'avion, j'avais l'impression d'être au bout du monde; j'ai été littéralement envoûtée. Sur le moment, mes yeux ne savaient pas où regarder. J'ai beaucoup admiré ces femmes africaines à l'allure altière dans leurs pagnes multicolores, avec leurs enfants au dos, et toute l'effervescence qui régnait au grand marché de Lomé que je considérait comme l'un des plus beaux du monde. J'ai beaucoup apprécié le bord de mer et ses magnifiques plages. J'ai eu la chance de surprendre une énorme tortue sortir de l'océan. Une fois à l'intérieur du pays, nous somme allés en pleine brousse où nous avons découvert des villages authentiques. Les habitants nous ont réservé de façon spontanée un accueil chaleureux. Douche de fortune et repas typiques : ignames et crabes de terre, le tout bien pimenté!

 

 

J'ai fini par contacter des musiciens à Lomé. Ils s'adonnaient uniquement aux rythmes anglo-saxons au détriment de la musique africaine. Une fois convaincue de leur talent, eh bien nous sommes partis en tournée en Côte d'Ivoire et au Burkina Faso. J'ai fini par comprendre que quel que soit le musicien, Africain ou Européen, la musique est toujours la même; les difficultés des rapports humains demeurent. Au cours de nos prestations, j'ai remarqué qu'à l'époque, le public affectionnait les rythmes zaïro-congolais. Cette tournée a été catastrophique et une fois à Abidjan c'était le point de chute. Après plusieurs émissions sur les plateaux de la télévision ivoirienne, il fallait revenir à Lomé; donc partagé l'argent qui restait entre les musiciens qui sont partis chez eux. J'ai dû rester; c'est alors qu'un musicien ghanéen m'a dit d'aller vendre mon matériel dans son pays j'ai pratiquement bradé les instruments de musique. La providence a mis sur ma route un certain monsieur Théophile Sédoh qui travaillait à Radio Ghana; parfaitement trilingue, cet homme merveilleux fut en quelque sorte mon ange gardien en m'aidant à faite face à mes difficultés. J'étais sans le sous, il m'a donc trouvé une pension de jeunes filles où j'ai partagé ma chambre avec des Togolaises. J'avais l'impression d'avoir atterri dans un 5 étoiles après la traversée du désert. La vie de Château quoi! Je me souviens toujours de cette africaine anglophone qui nous servait le petit déjeuner en nous disant : every thing small small ! Très vie, Théophile m'a présenté au chef d'orchestre de l'Hôtel Intercontinental qui m'avais engagé pour chanter dans deux établissements. J'étais logée et nourrie à l'hôtel cela me changeait de la pension de jeunes filles et j'étais relativement bien payée. J'avais dans mon répertoire, une chanson togolaise qu'une amie de Lomé m'avait apprise, et que je chantais en mina ainsi :

Colette et Sammy Massemba

 

Colette sur scene chantant AYELEVI

Ayélévi! C'était le tube. Si pour nous en Occident une chanson est toute une histoire avec des couples et un refrain, en Afrique par contre, on met plutôt l'accent sur le morceau de vie, un flash ou un événement en soi; d'où l'aspect répétitif des mêmes paroles des chansons africaines. Les enfants d'Accra, la capitale du Ghana venaient chanter le récit de vie de Ayélévi devant ma porte; car j'avais par la suite louée une villa.

J'ai composé un hymne pour l'Afrique intitulé "En avant les Enfants!" C'est une marche militaire qui prône l'union des pays africains dans le but de donner le 'envie à la jeunesse de se jeter à l'eau en faisant quelque chose pour leur pays. Je compte céder les droits d'auteur de ce disque aux organisations humanitaires.

J'ai créé une maison de production au sein duquel nous avons réalisé des disques avec des artistes d'abord inconnus qui maintenant resteront toujours célèbres sur le marché africain. Ainsi, j'ai été la première à confier des arrangements à Jacob Dévarieu, du très célèbre groupe antillais Kassav. A mon catalogue, on compte une centaine de disques. Le répertoire, assez varié, est composé, entre autres, de musique camerounaise, congolaise, zaïroise, etc... Il faut bien le dire, c'est une musique qui a plu à retardement. J'ai fini par imposé la danse Makossa à Abidjan; ce qui n'est pas rien. Car en Côte d'Ivoire, on n'écoutait pas tellement de la musique camérounaise.Mes artistes chantaient dans leurs langues et quelque fois ponctués de mots français.

 

Il faut bien le dire, à cette épooque, la musique Africaine n'était ni accepté par le publique, ni par les musiciens du continent eux memes. J'ai donc participé à imposer le rythme Afticain. La musique Africaine des années 1978 à 1980 restera à coups sur dans les antologies musicales du continent.

Actuellement, mes projets s'orientent vers l'audiovisuel et le multimedia.